« La dynamique spatio-économique contemporaine du Québec et ses aires d’aménagement du territoire »

De manière universelle, la politique publique à l’égard de l’aménagement du territoire épouse traditionnellement quatre types d’aires administratives distinctes. Aires généralement institutionnalisées qui correspondent à des phénomènes territoriaux spécifiques, soit la ville, la région, la communauté et la zone spécialisée. Même si les communautés MRC sont responsabilisées pour la confection de schéma d’aménagement de leur territoire, les trois autres aires sont aussi utilisées par la politique publique concernée. Au Québec comme ailleurs, ces territoires pertinents pour l’aménagement sont soumis à des forces spatio-économiques qui ne respectent pas nécessairement leurs frontières. En réalité, la dynamique spatio-économique contemporaine génère globalement des débordements hors des limites des aires découpées et institutionnalisées. Apparaissent ainsi au Québec de nouvelles formes territoriales qui s’affirment comme de nouvelles aires pertinentes pour l’aménagement du territoire. Il s’agit de couronnes péri-urbaines, de franges urbaines truffées de collectivités pressurées et de corridors en densification. Les experts de l’aménagement sont interpellés par ces nouvelles formes territoriales à mieux maîtriser.

Par ailleurs, le modèle classique « centre – périphérie » nous permet de constater que le principal centre du Québec, largement ancré sur Montréal depuis un siècle et demi, devient progressivement polycentrique dans un sens « métapolitain ». On constate aussi que la vaste périphérie subit un nouveau front d’occupation nordique selon des attributs bien spécifiques. Se positionne en outre une zone de transition Sud – Nord (métapole et périphérie éloignée) dont la principale caractéristique concerne son grand nombre interne de collectivités en dévitalisation ou déjà dévitalisées. Aux experts de l’aménagement, s’avère alors proposée que cette zone intermédiaire centre – périphérie devienne un objet spécifique pour l’élaboration de mesures gouvernementales. Deux finalités spatio-économiques deviennent évidentes à cet effet, soit la diffusion accrue de la métapole ainsi que la rétention dans cette zone intermédiaire d’une part minimale de la richesse créée en périphérie nordique par le nouveau front très actuel qui draine davantage qu’auparavant vers l’extérieur

Introduction

Ce texte nous permettra de visualiser que les aires spécifiques servant à asseoir les exercices collectifs de rationalisation dans l’utilisation du sol, appelés « aménagement du territoire », s’inscrivent au sein d’une dynamique spatio-économique québécoise globale. Dynamique ou mouvance qui influence inévitablement les besoins et les priorités en matière d’infrastructures et d’équipements publics.

Nous passerons d’abord en revue les quatre catégories d’aires qui servent la fonction d’aménagement au Québec. Par la suite nous brosserons un tableau rapide des différentes forces spatio-économiques en mouvement qui déterminent la localisation des activités économiques, sociales et culturelles. Nous verrons ensuite que le principal centre du Québec localisé jadis sur l’île de Montréal devient de plus en plus polycentrique dans la vallée du Saint-Laurent. L’exercice débouchera sur l’illustration des formes territoriales adoptées par le nouveau front périphérique nordique qui se déploie actuellement sous nos yeux. Finalement, notre réflexion spatio-économique nous conduira à émettre des commentaires constructifs et des recommandations, notamment en regard d’une zone de transition Sud-Nord (ou centre-périphérie) au sein de laquelle s’inscrivent de très nombreuses localités actuellement en dévitalisation.

1) Les aires classiques

Dans l’histoire humaine, les collectivités territoriales ont existé bien avant les nations comme assise pour l’organisation de la société. La sédentarisation et l’organisation des groupes se sont d’abord réalisées à de petites échelles. Puis vinrent les empires et leurs désirs d’expansion et d’intégration qui subirent la résistance des collectivités territoriales. À travers l’expérience humaine à cette échelle territoriale, on retrouve quatre grandes catégories d’aires qui ont été structurées par diverses formes d’organisations collectives. Ces aires traditionnelles universelles ont aussi des assises dans l’expérimentation québécoise.

a) La Cité

Au Québec et ailleurs, les efforts historiques en matière d’organisation territoriale furent largement effectués à l’échelle des villes. La classique cité sous ses diverses formes était l’aire de référence sur laquelle s’appliquaient les outils de planification tels que l’assemblée de représentants, le visionnement global des enjeux, le cadre stratégique, le zonage, les règlements d’urbanisme, les commissions consultatives, le montage de projets structurants, etc. Cette planification était concernée par l’urbanisme, c’est-à-dire la régulation de l’urbanisation qui représentait à l’époque l’épiphénomène qui marquait l’espace québécois en mouvement par de nouvelles formes émergentes. Signalons que le Québec illustrait un taux d’urbanisation de 20 % en 1867, tandis que ce ration s’inscrivait à une niveau de 80 % un siècle plus tard. La nécessité de régulation de cette dynamique dans les établissements humains était sans équivoque. Les principales villes

furent dotées de mécanismes de planification territoriale, sans que cette pratique urbanistique ne soit ni continue et ni universelle au Québec.

À l’échelle du Québec, l’ensemble des villes fut saisi et analysé en utilisant le bien connu concept de « système urbain » illustrant la hiérarchie urbaines en centres primaires (Montréal, Québec, Gatineau, Chicoutimi, Trois-Rivières et Sherbrooke), secondaires Rivière-du-Loup, Alma, Sept-Îles, etc), tertiaires et même quaternaires.

Cette hiérarchie urbaine n’est pas rigide au fil du temps, en particulier dans les pays encore mouvant comme les États d’Amérique. Au Québec, des villes sont en explosion relative telles que St-George, Victoriaville et Drummondville. Tandis que d’autres performent négativement telles que Baie-Comeau, Chicoutimi, Matane et même Montréal. En réalité, nous constatons une tendance au repositionnement de certains centres, sans qu’il n’y ait véritable renversement spatio-économique comme celui vécu entre Québec et Montréal au milieu du XIXème siècle. Par ailleurs, la réforme des agglomérations en 2001 a modifié considérablement la capacité d’action des diverses villes fusionnées désormais en synergie dans les divers biens et services offerts à la population, aux travailleurs et aux entreprises. Aussi, s’expriment de nouveaux besoins et de nouvelles priorités en matière d’aménagement du territoire.

b) La région

Au cours des années 1960, la nouvelle théorie de la polarisation offrit une solide explication au phénomène de la concentration territoriale des activités dans l’espace. Elle a permis aussi d’illustrer le système relationnel de dépendance entre la ville et son aire de rayonnement dit « hinterland ». Bénéficia alors d’une élaboration rigoureuse et d’une grande popularité le modèle explicatif et prévisionnel dit « centre – périphérie ». Forces centripètes et centrifuges furent à cet effet identifiées et bien formalisées.

Au Québec, furent identifiées les aires de rayonnement urbain en 19661 qui, avec les régions géographiques et historiques identifiées précédemment2 furent la base empirique pour effectuer le premier découpage formel des régions administratives. Sur la base de quelques expériences passées à cette échelle infranationale3, les nouvelles régions québécoises furent dotées d’un mécanisme de planification qui incluait inévitablement des grands choix en matière d’aménagement du territoire, ne serait-ce que des infrastructures de transport et des équipements publics. Néanmoins, les opération dites « missions de planification » au tournant des années 1970 et celles concernées par l’élaboration de « schémas régionaux » au milieu de cette décennie ne furent pas directement concernées par la régulation de l’allocation du sol qui demeura la prérogative des municipalités.

Chacune des régions du Québec s’avère unique sous les angles géographique, social, culturel et économique. Leur histoire4 s’avère aussi bien différente. La Gaspésie ne ressemble pas du tout à la Côte-Nord même si elles partagent ensemble les côtes du fleuve et du golfe Saint-Laurent. L’Estrie ne ressemble aucunement à l’Outaouais même si elles ont certaines caractéristiques communes. La région de Montréal ne ressemble pas à celle de Québec et encore moins à Gatineau. Néanmoins, l’appareil

gouvernemental du Québec utilise largement trois catégories de régions administratives, soit métropolitaines, centrales et périphériques. Si ces catégories peuvent être utiles pour certaines décisions publiques, sous l’angle de l’aménagement cependant, l’observation détaillée de l’occupation du territoire et de l’insertion de celui-ci dans la dynamique spatioéconomique globale s’avère beaucoup plus pertinente. Les priorités ne sont pas les mêmes d’une région à l’autre

Quatre catégories classiques d’aires servant l’aménagement du territoire

La Cité Urbanisme La Région Choix d’infrastructures

Orientations d’aménagement

La Communauté Aménagements spécifiques La zone ou district

c) Les communautés MRC

Même si elles ont fourni des choix pertinents, les opérations de planification à l’échelle régionale n’ont pas réellement offert de cadre pour les choix en matière d’aménagement du territoire. Tandis que l’urbanisme pratiqué avec bonheur par les municipalités fut limité aux frontières municipales non respectées par les activités économiques, sociales, culturelles, sportives, etc.

À cet effet, des études gouvernementales5 ainsi que le rapport de la Commission Castonguay ont mis en évidence l’impérative nécessité de réguler l’aménagement du territoire à une échelle intermunicipale afin d’offrir un cadre stratégique intégrateur des interventions plus spécifiques notamment en matière d’urbanisme. Ainsi par la Loi 125 en 1979, le gouvernement du Québec proposa le découpage d’aires supralocales correspondant à l’appartenance territoriale de la population et de leurs élus afin d’y exercer la planification. On institua pour chaque aire communautaire désignée MRC (municipalité régionale de comté), un conseil d’élus locaux responsabilisés face à la confection d’un schéma d’aménagement de leur territoire réciproque. Plusieurs efforts de classification6 de ces aires MRC furent effectués, mais aucune typologie n’est apparue valable tant elles diffèrent l’une de l’autre. En réalité, chaque communauté MRC s’avère unique en illustrant ses propres attributs, ses propres besoins et ses propres priorités d’aménagement et de développement.

Au cours des années 1980, une première génération de schémas d’aménagement ayant statu légal fut lancée dans leur confection afin d’offrir des orientations opposables aux tiers. Cette vision globale accompagnée d’une réflexion stratégique permit

l’encadrement d’un volet de planification plus en détail concerné par des projets de parcs industriels, de lotissements ainsi que d’équipements d’éducation, de santé, de loisirs, de sports, etc. Effectué à l’intérieur de périmètres bien définis par le nouveau zonage agricole de 1978, cet exercice d’aménagement du territoire conduisit à une remise en ordre relatif dans les divers usages du sol et aussi à la gestion en général de l’environnement. Depuis, une deuxième génération de schémas fut mis en œuvre dans la plupart des aires MRC. La majorité des schémas élaborés furent dotés de stratégies explicites en regard du développement largement inspirées par des agences épousant ces aires supralocales dont les CLSC (centre local de services communautaires), les centres hospitaliers, les CLD (centres locaux de développement), les comités pour l’environnement, les SADC (sociétés d’aide au développement des collectivités), les CLE (centres locaux pour l’emploi) et autres.

On constate ainsi que les aires pertinentes pour exercer la fonction publique d’aménagement du territoire passèrent au Québec de l’échelle locale de la cité à l’échelon régional avant d’épouser l’échelle supralocale des MRC. Ces trois aires territoriales distinctes pour exercer la planification et la régulation au Québec correspondent aux échelons utilisés à peu près universellement, notamment en Europe et dans les Amériques. Mais ils ne sont pas exclusifs. Une quatrième catégorie d’aires s’avère largement utilisé. Il s’agit des zones spécialisées.

d) Les zones spécialisées

Ce sont les caractéristiques internes en matière de contenu qui définissent ces aires spécifiques en leur offrant sens et distinction qui justifie leur dotation d’un cadre d’aménagement du territoire. Existent à cet égard les réserves fauniques et les parcs qui souvent bénéficient d’orientations, de choix priorisés et aussi d’équipements conséquents pour les mettre en valeur. Forillon, Mont Tremblant, Grands Jardins représentent des exemples types d’aires bien ciblées pour un aménagement spécifique. Les aires appelées « bassins versants » sont aussi utilisées pour protéger la nature, soit spécifiquement l’eau. D’autres aires découpées servent pour exploiter de manière contrôlée les activités de chasse et de pêche. D’autres aires encore servent la mise en place d’équipements et de services touristiques.

Du point de vue économique, le concept de zones spécialisées s’avère de plus en plus utilisé comme aires d’aménagement. Bien sûr il a les zones agricoles protégées et celles définies pour allouer des droits d’exploitation forestière. Existent aussi des zones de pêche commerciale. En outre et non le moindre, plusieurs grappes d’activités économiques concentrées sur certains territoires définissent des aires spécifiques de plus en plus institutionnellement reconnues pour leur aménagement planifié. Soulignons notamment la Cité du multimédia à Montréal, la Vallée de l’aluminium au Saguenay—Lac-Saint-Jean ou le parc technologique de Gatineau.

Même si ce n’est pas toujours très explicite, le soutien public aux « économies de proximité » représente la principale raison de la désignation de ces aires économiques. Nous les avons classifiées7 en quatre catégories.

Quatre types de zones économiques émergentes

Primaire Bassins hydrographiques Forêts boréales, méridionales Mines d’amiante, cuivre, tourbe… Spécialités agricoles, maritimes, agroalimentaires Gisements éoliens Secondaire Technopole agroalimentaire Corridor de la Beauce Vallée de l’aluminium Technopole Vallée Mauricie Croissant manufacturier Technopoles Gatineau, Laval…

Tertiaire

Méga carrefours périurbains

Places de services spécialisés

Rues principales revitalisées

Boulevards d’accès aux centres

Complexes périurbains Quaternaire Cité du multimédia Cité de l’optique-photonique Biosphère de Charlevoix Carrefours Nouvelle Économie Corridor des Laurentides

À travers les aires municipales, régionales et communautaires MRC, ces zones économiques représentent en réalité des territoires en émergence8 qu’il devient pertinent d’y appliquer la planification, incluant des aménagements spécifiques. Des choix d’infrastructures et équipements sont à effectuer rationnellement par l’entremise d’un processus de planification. Au sein d’une zone donnée, il s’agit d’une sortie d’autoroute, d’un barrage, d’un port ; pour une autre zone, on nécessite un centre de recherche ou de R&D, un centre d’interprétation, un chemin forestier ; tandis qu’au sein d’une autre zone encore faut éventuellement un service d’incubation industrielle, une mise en marché articulée, une halte routière, etc. Bref, chaque zone possède ses besoins et priorités sous l’angle de l’aménagement du territoire.

2) Les forces en évolution

L’espace Québec contemporain est en mouvement9. Les indices nous montrent que des lieux et milieux déjà bien établis sont en dévitalisation ou déjà dévitalisés alors que d’autres explosent à degrés divers dans leur établissement humain. Des villes croissent plus ou moins fortement tandis que d’autres se dévitalisent. Des communautés naissent et prospèrent, d’autres s’éteignent. Des régions régressent subitement, d’autres rebondissent. Des zones émergent et s’affirment, tandis que d’autres stagnent ou reculent. Bref, au Québec comme ailleurs dans les Amériques, plus qu’en Europe stabilisée mais moins qu’en Asie en forte mouvance, les établissements humains ne sont pas statiques mais bien dynamiques.

Certaines forces spatio-économiques influencent à certains degrés ces mouvements québécois. Nous les traiterons rapidement en sept points, comme préalable à l’illustration ultérieure de certains attributs de la dynamique spatio-économique du Québec contemporain qui influencent de manière globale toutes les aires d’aménagement du Québec.

a) La mobilité

Avec des véhicules automobiles désormais beaucoup plus fiables, des progrès techniques tels que les conteneurs, des routes beaucoup plus fluides, des systèmes de transport en commun plus efficaces ainsi que des nouvelles technologies de l’information et de la communication de plus en plus utilisées, la mobilité des travailleurs, des consommateurs et des marchandises s’est considérablement transformée au cours des dernières décennies. En réalité, le transport routier a non seulement explosé mais du coup a totalement supplanté les transports maritimes et ferroviaires. Les conséquences territoriales sont nombreuses.

À l’analyse de la réalité territoriale, on constate que la mobilité spatiale en tous sens s’est largement substituée aux traditionnels déplacements centripètes et centrifuges. Demeurée certes une importante contrainte, la distance entre les lieux n‘influence plus de la même manière qu’auparavant les comportements de localisation des activités humaines (industries ; commerces ; services ; résidences). Les industries peuvent se localiser en dehors de zones urbaines tout en demeurant à proximité de leur marché. Les commerces peuvent s’agglomérer dans des centres commerciaux et des grandes surfaces localisés dans des méga carrefours routiers et autoroutiers. Des immenses places d’affaires concentrent des services en des endroits auparavant peu courtisés. Des zones résidentielles de diverses gammes structurent certains espaces autrefois peu accessibles.

Bref, des lieux jadis répulsifs deviennent désormais attrayants pour des activités, tandis que d’autres autrefois convoités sont maintenant délaissés. Dans ce processus de mobilité qui modifie l’usage du sol, s’affirme la spécialisation des territoires dans des activités spécifiques10.

b) L’accessibilité

En matière d’accessibilité au Québec, l’un des phénomènes majeurs des dernières décennies concerne la libération accrue des activités face à l’obligation historique de se localiser près du fleuve Saint-Laurent (ou de ses affluents). Libération devenue possible grâce à l’amélioration du réseau routier. Épine dorsale du peuplement du Québec, le fleuve (et ses affluents) demeure certes un important substrat spatio-économique avec sa vallée, ses ports, ses ponts. Mais ce substrat de nature maritime n’influence désormais plus comme auparavant l’occupation des territoires. Toujours utiles certes, les ports de Sorel, Grande-Anse, Bécancour, Baie-Comeau, Cacouna ne représentent plus les lieux stratégiques incontournables d’autrefois. On les contourne désormais.

En milieu métropolitain d’abord, l’accessibilité de certaines zones et centres par les infrastructures de transport fait la différence en matière de localisation d’activités diverses et d’habitations, c’est-à-dire l’occupation des territoires, l’urbanisation, la densification. Soulignons ensuite que toute la grande région centrale de la vallée du Saint-Laurent voit se dessiner de nouveaux axes d’occupation territoriale en dehors des rives du fleuve, généralement à proximité des voies routières importantes. S’affirment en

ces sens des carrefours routiers tels que Drummondville, Rivière-du-Loup, Répentigny, Magog, St-Jérôme et autres Joliette.

Dans la périphérie, il va sans dire que l’accessibilité aux lieux s’avère aussi très importante. Une région agro-forestière telle que la Beauce doit son récent et tardif décollage industriel en grande partie à son désenclavement et sa nouvelle accessibilité routière. Le Bas-Saint-Laurent doit son développement très actuel à son accessibilité. Il en est de même pour les Laurentides au nord de Montréal. On a constaté encore récemment cet effet causé par l’accessibilité, mais dans une moindre mesure, avec les désenclavements du Havre-Saint-Pierre, de Némiscau et de plusieurs collectivités autochtones.

Par contre, l’amélioration de l’accessibilité d’un lieu déjà accessible par l’entremise d’une infrastructure de transport plus efficace ne génère pas autant de retombées que lors du désenclavement initial. On l’a bien constaté avec Grand-Mère désormais dotée de la nouvelle autoroute à partir de Trois-Rivières. On l’a constaté aussi à Lachute. Et on le constatera à Saguenay dans quelques années.

c) La centralité

Même si le Québec a déjà atteint un haut degré d’urbanisation, il est vrai que la concentration des activités et de la population s’accroît encore et toujours par l’entremise de différents effets.

Les forces centripètes sont toujours à l’œuvre. Cependant elles agissent différemment. D’abord, parce que le centre des villes est beaucoup moins attrayant depuis que les entreprises utilisent massivement le transport routier en se libérant ainsi de l’obligation de se localiser près du port ou de la gare de chemin de fer. Ensuite, parce que divers facteurs influencent les forces centrifuges au sein des plus ou moins vastes couronnes périurbaines, non seulement en tirant sur l’étalement urbain mais aussi en créant de nouveaux lieux ou milieux décentrées qui concentrent maintenant les activités et la population en de lieux soit carrefours, soit bien dotés ou soit bien positionnés. De nouveaux centres périurbains émergent, souvent même jusque dans la frange urbaine près des infrastructures de transport.

En réalité sous nos yeux observateurs, les villes, même petites, deviennent progressivement polycentriques au fil du temps. Aussi, de nombreux petits lieux attirent la population et les activités. Le transport routier contemporain participe à une répartition spatiale plus équilibrée d’un semis de lieux qui composent de plus en plus un espace polycentrique.

d) L’appropriation

Depuis quatre décennies, les capacités territoriales d’appropriation de responsabilités publiques et de leviers de développement se sont considérablement modifiées. Trois facteurs relativement lourds furent à l’œuvre D’abord furent décentralisées ou déconcentrées de très nombreuses organisations publiques (bureaux et directions

ministérielles) de nature opérationnelle. Ensuite, les gouvernements supérieurs ont largement soutenu la mise en place d’organisations collectives (conseils, commissions, associations) qui jouent un rôle de mobilisation, d’engagements et de leadership. Finalement, nous avons assisté à l’élargissement évident des élites locales traditionnelles grâce à la démocratie participative et le renforcement des instances locales, supralocales et régionales.

Tant et si bien que le Québec a en réalité fortement misé sur les capacités institutionnelles d’appropriation territoriale dit « empowerment ». L’objectif global clairement visé concerne le soutien au développement endogène, grâce à la mobilisation du leadership individuel et collectif.

En matière de résultats collectifs, nous ne disposons d’aucune évaluation globale et systématique. Certes les processus décisionnels du secteur public se sont rapprochés des clients, soit la population, les travailleurs, les entreprises. La mobilisation de la société civile organisée fut au rendez-vous de la démocratie participative. Aussi, la formule coopérative et les divers partenariats sont davantage utilisés pour soutenir des efforts collectifs en matière de développement local et régional. Bref, aux traditionnels démarchages politiques à Québec pour promouvoir des projets territoriaux se sont ajoutés des moyens et mécanismes pour responsabiliser les élites territoriales. Certains territoires réussissent mieux que d’autres à cet égard. Notons certains cas de succès territoriaux bien connus de développement à Saint-Camille, à Sacré-Cœur, à St-Georges-de-Beauce, à Kamouraska, au Domaine-du-Roy.

e) Les bassins de ressources

Les bassins et les gisements de ressources naturelles largement dispersés au sein d‘une très vaste périphérie ont joué et jouent encore un rôle fondamental dans la structure de peuplement du Québec. Se dessinent au diagnostic11 de grandes zones minières, hydroélectriques, maritimes, forestières et maintenant éoliennes qui, dans leur découpage, marquent l’espace en attirant ici et là, à divers degrés, des activités économiques.

En outre, si la vallée du Saint-Laurent renferme la majeure partie de la production agricole du Québec, notamment au sud, on note cependant trois oasis de verdure en pays nordique, soit 1) autour du Lac Témiscamingue, 2) dans la vallée du Saguenay et sur les pourtours du Lac-Saint-Jean ainsi que 3) dans la vallée de la Métapédia.

Toujours recherchés comme facteurs économiques, tous ces bassins de ressources sont encore des substrats déterminants dans l’occupation des territoires du Québec, même si les opérations d’extraction et la première transformation, désormais intensives en technologie, génèrent beaucoup moins d’emplois qu’autrefois.

f) Les grands marchés

Pour le continent sur lequel repose le Québec, la dynamique spatio-économique est d’abord illustrée par le lent déplacement de la population et des activités à partir des historiques régions nord-est (New-York – Philadelphie – Washington – Chicago) vers les régions centre-sud12. Selon de nombreux observateurs sur ce continent, la zone centrale étatsuniennes truffée de pôles émergents s’affirment progressivement, conduisant à un nouvel équilibre spatio-économique. Il s’agit d’un phénomène connu de « gravité spatiale » déjà stabilisé par les forces centripètes à l’œuvre depuis longtemps au sein de la vieille Europe, avec la dorsale Londres–Turin souvent appelée la « banane bleue » qui représente en fait la mégapole européenne.

Dans la dynamique spatiale nord-américaine, cette forte affirmation actuelle de la région centrale (Denver ; Albuquerque ; Houston ; Phoenix ; Juarez ; Austin) génère à l’évidence des effets de drainage à degrés divers dans les périphéries continentales du sud, du nord, de l’ouest et de l’est13. Des ruptures s’expriment assez clairement. Elles conditionnent notamment de nombreux repositionnements spatiaux récents de lieux et de milieux ainsi que certains renversements spatiaux tels que celui de Montréal au profit de Toronto depuis les années 1950 et aussi tels que ceux du Mexique qui profitent à Ciudad Juarez, Tijuana, Monterrey. En réalité, l’espace nord-américain encore jeune sous l’angle de l’occupation territoriale affirme sa dynamique centripète.

g) La frontière américaine

Soulignons par ailleurs la présence du vaste marché américain à la frontière sud du Québec. Ce dernier substrat spatio-économique influence fortement la répartition spatiale des activités non seulement au Québec, mais aussi dans tout le Canada. On sait que la majeure partie de la population canadienne habite dans une mince bande territoriale près de la frontière américaine, ce qui représente aussi une « sun belt » canadienne. Ce phénomène d’attractivité de la frontière s’accentue inévitablement depuis 1989 avec le traité de libre-échange. En effet pour le Québec, la très forte croissance récente des échanges économiques nord-sud, accompagnée de la stagna-tion des échanges est-ouest, modifie considérablement le rôle de l’espace dans le fonctionnement de l’économie québécoise. En réalité, les territoires situés à proximité de la frontière américaine sont devenus, à un certain degré, plus attrayants encore pour les entreprises exportatrices en désir de réduire leurs coûts de transport.

3) Le Québec central

Notre propos ici ne vise pas à mieux identifier le contenu des diverses aires pouvant servir la fonction publique concernée par l’aménagement du territoire au Québec. Nous voulons plutôt illustrer la fresque spatio-économique globale en mouvement au Québec qui, inévitablement influence les besoins et les priorités relatifs à l’aménagement du territoire.

a) Recentrage polycentrique

Il est évident que Montréal représente le principal pôle économique du Québec. Cette métropole domine très nettement la hiérarchie urbaine, notamment dans les fonctions reliées à la finance, les services supérieurs aux entreprises, la recherche, les arts et la culture. Cependant, la polarisation de la croissance et du développement, au fil des dernières décennies, ne s’est pas produite uniquement à Montréal. Nous verrons plus loin que d’autres pôles performent très bien à cette rubrique, beaucoup mieux que Montréal dans les faits en matière d’emplois.

D’une part, depuis le milieu du XXème siècle Toronto a ravi à Montréal son rôle de métropole canadienne en polarisant largement les secteurs économiques de la haute finance et du tertiaire supérieur. Cette ponction d’activités supérieures a eu des conséquences importantes. Certains analystes14 nous a offert des explications pertinentes, sur ce phénomène complexe de renversement spatial contemporain, qui s’est déjà produit par ailleurs entre Québec et Montréal cent ans auparavant, lors de l’explosive industrialisation du milieu du XIXe siècle.

Carte 1 : Densité urbaine de la grande région de Montréal

Selon la littérature récente, d’autre part, il semble aussi que la polarisation ne s’effectue désormais plus de la même manière pour la métropole qu’est Montréal.

b) Déconcentration

En effet à Montréal, la montée en importance du transport routier a occasionné une double déconcentration des activités économiques hors des frontières de la ville, jadis noyautée par le port maritime et la gare ferroviaire. Les retombées de la déconcentration

généralisée se font ressentir d’abord au sein des satellites de la vaste couronne périurbaine, qui attirent les entreprises désirant bénéficier pleinement des économies d’agglomération sans trop en subir les effets négatifs que sont la congestion, le prix élevé du sol, les pressions salariales, etc. La carte 1 nous permet de visualiser l’étalement urbain décroissant de Montréal. La couronne périurbaine de forte densité de population se distingue très bien, même si elle contient quelques zones de très forte densité près du centre. La vaste frange urbaine, de densité moyenne, fait apparaître aussi plusieurs zones de forte densité démographique ainsi que des poches de faible densité.

On distingue également un phénomène intéressant : plusieurs autres pôles très accessibles de la vallée du Saint-Laurent deviennent hôtes d’entreprises dont les transactions s’effectuent avec des marchés désormais diversifiés tels que les Etats-Unis au sud, l’Ontario à l’ouest, la capitale Québec à l’est, le reste du Québec en périphérie et, bien sûr, le grand Montréal au sud-est. Ce nouveau processus d’occupation territoriale intensive caractérisée par la concentration déconcentrée ou la polarisation dispersée dans la vallée du Saint-Laurent n’est pas simple à saisir et à modéliser dans ses formes et dans ses contenus. À cet effet, les données relatives à l’emploi que nous avons traitées illustrent l’excellente performance de plusieurs villes qui forment progressivement une vaste zone polycentrique de développement comprenant en son sein les aires métropolitaines de Gatineau, de Québec, de Trois-Rivières, de Sherbrooke et, évidemment, de Montréal. On y recèle aussi de nombreuses petites et moyennes agglomérations urbaines dont plusieurs affichent des ratios très élevés sous l’angle de la création d’emplois entre les années 1986 et 2006.

Bref, souffrant d’un faible taux de création d’emploi de seulement 6% pour la période observée, la ville de Montréal voit sa dominance économique diminuer quelque peu au Québec, et ce même en incluant au calcul ses principaux satellites périurbains limitrophes tels que Longueuil (17%) et Laval (33%). Cette diminution soutient ainsi une nouvelle configuration spatioéconomique dans les établissements humains.

c) Repositionnements

La carte 2 nous permet à cet effet de visualiser la performance, sous l’angle de l’emploi, des pôles primaires et secondaires jadis désignés. Deux pôles primaires apparaissent en difficulté. Il s’agit de la très centrale Montréal et aussi de la périphérique Saguenay, avec un ratio de 10%. Ces lieux, qui furent très prospères jusqu’à récemment, polarisent faiblement l’emploi total pour la période 1986-2006. Ils apparaissent stagnants dans leur rôle spatioéconomique de polarisation et de diffusion du développement. À l’opposé, les villes de Gatineau (42%), de Sherbrooke (37%), de Trois-Rivières (20%) et de Québec (25%), polarisent actuellement l’emploi total selon un ratio beaucoup plus élevé, bien que modéré, comme d’ailleurs le font les pôles périphériques dits secondaires que sont Rouyn-Noranda (34%) et Rivière-du-Loup (33%).

Au sujet justement des pôles secondaires bien reconnus (MIC, 1966), signalons que les centres urbains de Saint-Jérôme (59%), de Drummondville (77%), de Victoriaville (113%), de Saint-Georges (123%), de Granby (48%) et de Saint-Jean (49%) performent

fortement et très fortement, beaucoup mieux que tous les pôles primaires, en évoluant lentement vers un repositionnement dans la hiérarchie urbaine établie jadis. Par contre, les pôles de Baie-Comeau (-6%), de Shawinigan (-3%), de Sept-Îles (9%) et de Matane (-7%) s’avèrent plutôt stagnants ou déclinants au cours de la période observée. Pour leur part, Alma (16%), Rimouski (16%), Joliette (30%) et d’autres pôles secondaires illustrent un ratio relativement faible ou modéré de polarisation de l’emploi pour la période 1986-2006.

Carte 2 : Polarisation de l’emploi 1986-2006

Sous l’angle économique illustré par l’emploi durant la période 1986-2006, nous assistons en réalité, au Québec, à un recentrage polycentrique dans la localisation des activités et de la population. La métropole conserve certes un poids économique énorme et dominant sur l’espace Québec, surtout si l’on considère ses véritables frontières périurbaines plutôt que les limites administratives de la ville. Néanmoins, la polarisation actuelle de l’emploi s’avère nettement partagée, présentant un ensemble de centres urbains de différentes tailles localisés de manière dispersée dans la vallée du Saint-Laurent. L’encadré de la carte 2 nous permet d’isoler cette polycentrie centrale qui se dessine, selon notre observation, dans le sud-est du Québec. Cette nouvelle entité spatioéconomique s’avère fortement structurée par plusieurs pôles à ratios différenciés de croissance. Pôles qui rayonnent dans leurs lisières périurbaines réciproques qui, globalement, se touchent et même se chevauchent. À cet effet de polarisation contemporaine, le rôle de l’innovation demeure une question encore largement ouverte pour laquelle l’observation scientifique s’avère souhaitable.

Pour notre analyse spatioéconomique, signalons le constat à propos de d’autres phénomènes très structurants pour cette grande zone économique relativement diversifiée dans ses activités.

c) Croissant manufacturier

Signalons d’abord que près de 80% du secteur manufacturier québécois se localise au sein de cette polycentrie centrale en illustrant un véritable « croissant manufacturier » qui s’étire désormais davantage vers le Bas-Saint-Laurent. Géographiquement, il est à cheval sur les montagnes Appalaches, entre la frontière américaine et les montagnes Laurentides (carte 3).

La zone économique en question bénéficie de la localisation de grandes unités de production qui ont intégré, au Québec, les petites unités jadis dispersées en périphérie pour l’accès facile aux bassins de ressources et aux marchés. Cette intégration manufacturière toujours en cours est devenue d’une part possible grâce aux gains d’efficacité du transport routier. Elle est d’autre part rendue tout à fait nécessaire par le volume de production minimal pouvant assurer la rentabilité des investissements technologiques de production de masse de produits finis. Plusieurs secteurs d’activité manufacturière illustrent parfaitement ce nouveau phénomène de concentration déconcentrée de la production dans cette zone économique, notamment l’agroalimentaire, le bâtiment, le meuble, le textile. Certains analystes désignent cette zone comme étant un archipel15 ou un arc16. Nous préférons ici l’utilisation du libellé illustratif « métapole ». Métapole17 québécoise certes particulièrement peu densifiée comparativement à celles de l’Europe, du Japon, du Brésil et des Etats-Unis, mais dont l’occupation territoriale s’intensifie par les activités et la population.

d) Aires économiques

Mis à part les différents pôles sur lesquels s’appuie cette zone métapolitaine québécoise, d’autres composantes territoriales encore mal saisies participent à sa structuration.

Existent bien sûr à cet effet de nombreux parcs industriels municipaux, dont plusieurs se spécialisent dans certaines activités économiques. Tel que vu au point 1d de ce texte, signalons notamment les technoparcs de Gatineau, de Sherbrooke et de Saint-Laurent, ainsi que les technopoles de Laval, de la Vallée de la Mauricie et de Saint-Hyacinthe. Se positionnent aussi à cette rubrique la Cité du multimédia dans le faubourg des Récollets de Montréal, la Cité de l’électronique à Montréal, la Cité de l’optique-photonique à Québec, ainsi que plusieurs aires économiques spécialisées comme le district du meuble à Maskinongé, celui de la fourrure à Montréal, celui de la pharmaceutique à Kirkland ou celui de l’aérospatial à Valcourt.

Bref, le « croissant manufacturier » relativement diversifié de la vallée du Saint-Laurent possède des zones beaucoup plus denses que d’autres en termes d’activités, sans

évidemment présenter une aire économique comparable aux districts de la Troisième Italie ou aux zones économiques de l’Asie.

Existent aussi de nombreux méga carrefours commerciaux qui structurent les espaces périurbains des villes, notamment au sein de la vaste couronne de Montréal connue sous l’appellation de son indicatif téléphonique régional, le 450. Il faut noter, à cette rubrique, les établissements ou bâtiments spécialisés dans les services supérieurs. Se distinguent aussi plusieurs complexes consacrés aux activités de l’administration, bien sûr, mais aussi au tourisme et qui comprennent les centres de congrès, les parcs d’amusement, la zone touristique du Vieux Québec, les aires récréatives, les grands jardins publics, les réserves naturelles protégées, les zones de villégiatures aménagées, etc. Dans toutes ces aires non manufacturières répertoriées au sein de la métapole, soulignons la présence d’une très grande variété d’aires d’habitation de différentes catégories, y compris celles que l’on retrouve en milieu rural près des attraits naturels comme les lacs, les rivières et les montagnes.

Il est intéressant aussi de constater la présence de plusieurs composantes d’un éventuel système de soutien territorial à l’innovation au sein de cette zone métapolitaine. De nombreuses agences locales de développement s’intéressent vivement à cet enjeu. À cet effet, la zone en question possède plusieurs universités auxquelles sont attachés de nombreux centres et laboratoires de recherche et de R&D. Dans un esprit de valorisation des connaissances générées en les transformant en savoir-faire concret, furent mis en place divers mécanismes de transfert, à partir de la simple diffusion facilitée de résultats de recherche jusqu’à l’incubation systématique de projets, en passant par certaines formules de médiation personnalisées. Plusieurs sociétés publiques et privées de financement des initiatives sont à l’affût des projets éventuellement rentables en étant dotées de réserves considérables de capitaux. D’autres instruments s’avèrent aussi à l’œuvre en matière de prospection, de soutien aux initiatives, de conception de projets. Cependant, la métapole québécoise ne possède pour le moment aucun schéma global de référence pour visualiser l’ensemble des moyens et des outils territorialisés concernés par le soutien métapolitain à l’innovation.

e) Corridors

À l’analyse de la localisation de toutes ces composantes territoriales spécifiques plus ou moins interreliées de la métapole québécoise, se distinguent des formes particulières comme les lisières périurbaines qui ceinturent les villes en présentant des contours relativement flous. Apparaît clairement aussi un deuxième phénomène spatioéconomique particulier à signaler. Il s’agit de l’affirmation de corridors de développement déjà bien dessinés par la localisation d’activités et par l’urbanisation diffuse autour de certains axes de transport routier. La carte 3 illustre les quatre corridors distinctifs qui structurent de plus en plus la métapole québécoise.

Bien connu depuis plusieurs décennies pour ses activités de villégiature et de loisir accessibles aux Montréalais, le corridor des Laurentides attire de plus en plus des activités économiques reliées largement à ladite nouvelle économie dans les secteurs

de l’information, de l’agroalimentaire, du tourisme, de la santé, de la finance et de la culture. On y retrouve aussi, jusqu’au Mont-Tremblant, plusieurs entreprises qui appartiennent au secteur tertiaire supérieur, notamment celles qui peuvent utiliser les méthodes du travail à distance.

Carte 3 : Croissant manufacturier et corridors dans la vallée du Saint-Laurent

Trois autres corridors bien visibles marquent l’espace central polycentrique du Québec. Il s’agit d’abord de l’axe de la Beauce, qui a émergé fortement au cours des dernières décennies. On sait que la Beauce, avec son pôle principal Saint-George, représente le milieu entrepreneurial par excellence au Québec, situation que plusieurs analystes tentent d’expliquer en utilisant diverses approches. Nous constatons aussi la présence d’un autre corridor physiquement bien dessiné qui essaime le développement vers la dynamique ville de Sherbrooke à partir de Montréal, en passant par plusieurs pôles localisés sur l’axe de l’Estrie. En outre, le corridor de la Basse-Mauricie se densifie entre Trois-Rivières, Shawinigan et Grand-Mère en attirant toute sortes d’activités économiques, y compris celles du secteur manufacturier. Signalons finalement certains corridors éventuels, non cartographiés, qui s’affirment progressivement dans la recomposition en cours des territoires.

4) Le nouveau front périphérique

D’une manière générale, l’économie des villes et des villages localisés en périphérie du Québec s’avère largement tributaire de l’accessibilité à des réserves de ressources naturelles à exploiter. En réalité, les forces qui président à l’établissement de lieux et de

milieux périphériques sont de nature centrifuge et principalement reliées à l’attractivité des bassins et des gisements largement dispersés sur un espace immense jadis parcouru par la population autochtone nomade. Avec la sédentarisation de celles-ci en des lieux accessibles généralement localisés sur la côte, la desserte des collectivités autochtones en biens et services permet aussi l’extension de l’occupation de cet immense territoire. Néanmoins, le nouveau front périphérique qui se déploie actuellement au Québec s’avère alimenté par la forte demande mondiale de ressources naturelles issue des pays émergents. Plusieurs activités minières et énergétiques furent lancées récemment, et de nombreux autres investissements importants sont prévus au cours de la prochaine décennie.

a) Bassins versants

Sur l’espace nordique du Québec, on retrouve d’abord les bassins versants de nombreuses rivières qui se jettent soit vers le sud, dans le fleuve et le golfe Saint-Laurent, ou soit vers le nord, dans les baies James, d’Hudson et d’Ungava. Plusieurs de ces rivières sont harnachées pour la production hydroélectrique occasionnant l’exploitation de près de 50% du potentiel nordique en cette matière. La périphérie nordique s’avère aussi largement marquée par la présence de la forêt boréale contenant des essences résineuses d’excellente qualité de fibre. Elle représente la plus vaste de ces réserves forestières sur la planète. Aussi, on trouve sur cet espace plusieurs bassins miniers (fer, diamant, titane, or, uranium, cuivre, etc.) Sur les territoires de Caniapiscau, de la Baie James et de la Côte-Nord, s’avèrent présents des gisements éoliens de grande importance. Certains de ceux-ci sont immenses et de haute qualité. Ils représentent un potentiel imposant en matière de production énergétique complémentaire à l’hydroélectricité.

À l’intérieur de ces bassins versants, tel que mentionné ci-dessus, il existe seulement quatre zones agricoles dont le degré de fertilité des sols affiche un niveau suffisant pour l’exploitation systématique à l’ère contemporaine de productivité intense. Il s’agit de la couronne agricole située autour du lac Saint-Jean, du plateau de la rivière Saguenay, de la vallée de la rivière Matapédia et aussi, dans une moindre mesure, du corridor côtier du Lac Témiscamingue. Ces zones possèdent des économies relativement diversifiées. Au sein de celles-ci, les forces centripètes travaillent de manière naturelle dans la création de lieux centraux tels qu’ Amqui, Normandin, Ville-Marie.

Pour le reste de la périphérie du Québec, les économies locales sont largement spécialisées autour de la ressource naturelle extraite et expédiée sur le marché mondial, à l’état brut en général ou, quelquefois, transformée en produit semi-finis. Pour ce faire, les opérations utilisent des procédés technologiques de plus en plus sophistiqués. Au cours des deux dernières décennies, le volume des ressources extraites s’est ainsi accru, tandis que le nombre d’emplois primaires et secondaires fut considérablement réduit. De fait, pour l’espace nordique circonscrit par quatre aires statistiques régionales,

nous constatons des pertes respectives de 48% des emplois reliés à l’extraction des ressources naturelles et de 27% des emplois associés à leur transformation pendant la période 1991-2010.

Malgré l’affaiblissement des retombées sur les marchés locaux du travail, qui accentue inévitablement l’érosion de la richesse créée, tous ces bassins, réserves et gisements représentent le véritable facteur explicatif de la grande dispersion spatiale des établissements actuels et potentiels en périphérie québécoise. La dispersion vers le Nord des activités économiques et des établissements humains poursuit sa progression continue au fil de la demande mondiale de ressources naturelle bien sûr, mais aussi en fonction de la capacité d’accès aux lieux et aux milieux. Ce principe moteur de l’accessibilité dessine, sur les territoires périphériques du Québec, des formes territoriales distinctes, originales et particulières. Le chapelet de petits lieux côtiers gaspésiens en représente un bel exemple à partir du pôle de Rimouski jusqu’à Restigouche en passant par Percé. Voici comment se présentent les formes territoriales de cette accessibilité nordique.

b) Arc nordique

Le phénomène spatioéconomique majeur qui marque la structure de peuplement en périphérie québécoise s’avère concerné par la présence d’avant-postes établis tels de véritables relais pour lancer et appuyer l’occupation territoriale.

En réalité, ce sont des pôles de croissance et de développement périphérique accueillant des activités telles que des services spécialisés, des usines de transformation de ressources, des commerces de gros et de détail, des institutions d’éducation supérieure, des centres de recherche appliquée, des administrations publiques et privées, etc., à partir desquels s’effectuent l’exploitation des ressources naturelles ainsi que la diffusion du développement sur les territoires nordiques (carte 5).

Ces avant-postes s’inscrivent généralement comme des points de transbordement des facteurs à travers l’espace, localisés aux embouchures de rivières, à des carrefours routiers, à des terminaux de voies de transport. Ils deviennent des tremplins de la pénétration périphérique grâce à la présence de différentes activités reliées certes à la traite et au transit de marchandise, mais aussi à la desserte de services supérieurs en santé, en finance, en architecture, en comptabilité, en génie et autres spécialités motrices de développement. Des activités de conception et de réalisation de grands projets nordiques s’y localisent aussi évidemment. Lorsqu’il y a convergence de différents moyens de transport, ces avant-postes deviennent de véritables « hubs ». Les principaux spécimens de ces pôles de la périphérie nordique au Québec affichent, sous l’angle de l’évolution de l’emploi total, des taux différenciés qui ne sont cependant jamais très élevés pour la période 1986-2006.

Dans leur vaste périphérie de rayonnement, ces pôles, certes moins importants que Montréal, Québec et Gatineau, dessinent ensemble un arc nordique qui s’inscrit comme

un référent territorial original (carte 5). Cet arc possède une spécificité spatioéconomique d’ensemble qui concerne davantage la vocation nordique commune de ses principales composantes urbaines que leurs interactions économiques déjà existantes certes, mais encore peu développées. Ces interactions et échanges horizontaux demeurent à intensifier entre les pôles de l’arc, dans un esprit de complémentarité et d’interdépendance devant l’enjeu de l’appropriation collective réciproque de leur destin nordique commun.

Carte 5

Avant-postes et corridors de pénétration de la périphérie nordique

c) Axes de pôles tertiaires

Selon ce schéma spatioéconomique spécifique de la périphérie nordique du Québec, les modalités d’accès aux bassins de ressources pour y prélever des intrants et y fournir des biens et des services illustrent aussi des formes territoriales linéaires qui s’inscrivent tels de véritables « corridors de pénétration territoriale » (carte 5).

Ceux-ci épousent actuellement cinq axes, soit ceux de l’Abitibi, de Saguenay, de Manic ainsi que le double de Sept-Îles. Existent aussi un axe en formation à partir de Goose Bay, au Labrador, ainsi qu’un axe potentiel à partir de Kuujjuaq. Distincts dans leur forme respective, ces corridors partagent une nature commune et des contenus similaires. Les liaisons actuelles, potentielles et éventuelles qui se dessinent d’une manière horizontale entre les axes permettent de former des couronnes nordiques.

C’est ainsi qu’à partir des avant-postes initiaux de l’arc nordique, les axes de transport structurent l’espace par l’établissement de relais plus avancés qui deviennent des pôles tertiaires et quaternaires. Ces derniers sont localisés à des points précis déterminés généralement par les modalités de transport qui favorisent la localisation de commerces, de services et aussi d’activités d’extraction des ressources naturelles. Ils donnent accès à de plus petits lieux et milieux par un réseau secondaire de transport.

d) Zone périphérique de transition

Les explications relatives au modèle spatioéconomique général que nous venons de saisir, d’analyser et de cartographier dans ses diverses composantes autour de deux grandes dimensions ne seraient pas complètes sans qu’on y introduise un phénomène qui est apparu davantage évident en illustrant l’indice de développement des municipalités québécoises désormais rendu disponible par le gouvernement du Québec18. Sur les 185 collectivités locales qui composent les quatre régions administratives de la périphérie nordique, 72% s’avèrent dévitalisées ou en dévitalisation. Elles s’ajoutent à celles de la Gaspésie dont plus de 90% des municipalités de cette région s’inscrivent dans cette tendance au mal développement.

La cartographie de cet indice par catégories dessine clairement une zone spécifique, un peu floue certes, mais néanmoins réelle d’est en ouest sur l’espace Québec (carte 5). S’appuyant au sud sur la frontière ontarienne, ensuite sur la frange de la métapole et finalement sur la frontière américaine plus à l’est, tout en incluant toute la Gaspésie, cette zone s’étend vers le nord jusqu’à intégrer l’arc nordique. Elle contient la majorité des municipalités dévitalisées du Québec, c’est-à-dire celles qui détiennent l’indice de développement le plus faible. Mis à part les avant-postes qui polarisent les activités et la population, quelques rares petits milieux se démarque au sein de cette zone pour leur dynamisme socioéconomique plus vigoureux. Cette périphérie intermédiaire s’inscrit telle une zone de transition Sud-Nord ou de transition entre la métapole centrale et la périphérie nordique.

Pour cette zone de transition en difficultés par manque de vitalité, se pose deux questions spatioéconomiques principales. La première concerne le captage des effets de diffusion de la métapole en permettant d’étendre son expansion territoriale. Déjà certains milieux comme La Pocatière, Rivière-du-Loup, Baie-Saint-Paul, Mont-Laurier, semblent bénéficier de ces effets centrifuges. Alors que le Saguenay les espère fortement. Aussi, on peut se demander comment cette zone de transition peut soutenir l’appropriation des effets positifs causés par les impulsions économiques engendrées

loin en périphérie au sein des territoires nordiques qui reçoivent des investissements et livrent sur le marché mondial des matières premières extraites des divers bassins et gisements. Les réponses à ces questions intéressent vivement la politique publique. À cet effet, la forme territoriale libellée tel un « arc nordique » sur la carte no 5 devient pertinente à la réflexion des experts de la politique d’aménagement.

Conclusion

Le modèle classique centre – périphérie demeure toujours très pertinent comme cadre conceptuel pour saisir et analyser la dynamique contemporaine de l’espace économique du Québec. Dans la réalité d’aujourd’hui, il correspond à un schéma organisationnel général certes toujours dual mais toutefois substantiellement différent du passé.

D’une part, un système polycentrique central se structure progressivement sous la forme métapolitaine. Métapole qui illustre globalement un taux relativement élevé de création d’emplois, souvent manufacturiers, largement déconcentrés, en permettant à certains pôles de se repositionner progressivement dans la hiérarchie urbaine jadis établie. D’autre part, la vaste périphérie nordique bénéficie d’un front renouvelé de pénétration territoriale à la recherche de ressources naturelles à exploiter. Front nordique qui génère diverses formes territoriales mais aussi diverses conséquences à bien maîtriser.

Entre le centre polycentrique de la vallée du Saint-Laurent et les territoires de la périphérie nordique ciblés par les investisseurs, se dessinent une zone de transition Sud-Nord en périphérie intermédiaire. Zone dont l’une des principales caractéristiques concerne sa forte concentration de collectivités dévitalisées ou en dévitalisation. Cette zone doit faire l’objet de mesures publiques afin, d’une part de soutenir les effets de diffusion de la métapole centrale et, d’autre part, de mieux retenir la richesse créée en périphérie nordique qui s’avère largement drainée hors des territoires. Des moyens existent en ce sens et pourraient être appliqués avec imagination et innovation. Soulignons à cet effet que cette zone de transition possède des avant-postes desquels sont lancés des corridors de pénétration de la périphérie nordique.

Par ailleurs, les aires d’aménagement institutionnalisées, soit les villes (agglomérations), les communautés MRC, les régions et les zones spécialisées, sont soumises à des forces spatio-économiques qui dans leurs mouvements dynamiques contemporains génèrent des débordements hors de leurs frontières. Apparaissent ainsi de nouvelles formes territoriales qui deviennent de nouvelles aires pertinentes. Soulignons notamment les couronnes périurbaines qui s’étalent dans la vaste frange souvent jusqu’au sein de zones rurales très éloignées devenues attrayantes par leur offre de qualité de vie. S’affirment aussi des corridors pertinents pour l’aménagement du territoire.

Bref, selon une vision globale d’un espace québécois à soumettre à une politique d’aménagement, des formes territoriales autres que les aires institutionnalisées sont à considérer et à cibler pour une attention particulière. Il s’agit d’abord de bien les identifier. Ensuite, des mesures spécifiques peuvent être utilisées pour mieux contrôler les effets de la dynamique spatio-économique contemporaine tels que l’érosion excessive, l’urbanisation trop diffuse, les encombrements et autres pressions négatives sur les territoires. Dans ce désir de mieux maîtriser l’aménagement des territoires, la politique publique doit se préoccuper aussi des lieux déjà aménagés, autant urbains que ruraux, où la dévitalisation génère des conséquences négatives.

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1 voir M.I.C. (1966) « Division du Québec en 10 régions administratives et 25 sous-régions admi-nistratives », Bureau de recherches économiques, Québec, Ministère de l’Industrie et du Commerce.

2 voir Blanchard, R. (1935), « L’est du Canada français », Montréal, Éditions Beauchemin, 2 tomes. Et voir aussi Brouillette, B. (1959). « Les régions géographiques et économiques de la province de Québec » dans Mélanges géographiques canadiens offerts à Raoul Blanchard, Québec, Presses de l’Université Laval, pp. 65-83.

3 voir Proulx, M.-U. (2008a) « Quarante ans de planification territoriale au Québec », dans Gauthier, M., Gariépy, M. & Trépanier, M.O. (Ed.) Renouveler l’aménagement et l’urbanisme. Planification territoriale, débat public et développement durable, P.U.M. Montréal, pp. 23-54.

4 voir les monographies historiques régionales réalisées par les chercheurs de l’IQRC

5 voir Tellier, L.N. (1983) « Les dimensions économiques de l’aménagement du territoire au Québec », dans Léveillée, J. (édit.) L’aménagement du territoire au Québec, Montréal, éditions Nouvelle Optique. Et voir aussi La Haye, J.E. (1968) « Rapport de la commission provinciale d’urbanisme », Québec, Gouvernement du Québec, Québec. Et voir encore Castonguay, C. (1976) « L’urbanisation au Québec », Rapport du Groupe de travail sur l’urbanisation, Québec, Gouvernement du Québec.

6 voir Fortin, G. et Parent, L. (1983). « Les MRC et leur capacité d’extension », Études et documents, n° 38, Montréal, INRS-Urbanisation, 86 p. ; voir aussi Sokoloff, B. (1989) « La place des MRC dans les dynamismes régionaux », Revue Canadienne de science régionale, vol XII, no 1.

7 voir Proulx, M.-U. (2011) « Territoires et développement. La richesse du Québec », Presses de l’Université du Québec.

8 voir Proulx, M.U. (2008b) « Territoires de gestion et territoires d’émergence », dans Massicotte, G. (édit) (2008) « Sciences du territoire : perspectives québécoises », Québec, Presses de l’Université du Québec, pp. 1 à 24.

9 voir Proulx, M.U. (2006) « La mouvance contemporaine des territoires : la logique spatiale de l’économie au Québec », dans revue Recherches Sociographiques, XLVII, 3, pp. 475-502. ; voir aussi Polèse, M. (2009b) « Les nouvelles dynamiques régionales de l’économie québécoise : cinq tendances », dans Recherches Sociographiques, vol L, no 1, pp. 9-39.

10 voir Proulx, M.U. (2007) « Perspectives géo-économiques de la complémentarité urbaine-rurale au Québec », dans revue Télescope, vol 13, no 3, pp. 99-112

11 voir Proulx, M.-U. (2011) « Territoires et développement. La richesse du Québec », Québec, Presses de l’Université du Québec.

 

12 voir Coffey, W. (1998) « Montréal, métropole nord-américaine », dans Philippe, J., Léo, P.Y. et Boulianne, L.M. (édit.) Services et métropoles, Paris, L’Harmattan, pp. 319-339. ; voir aussi Tellier, L.-N. (2003). « Montréal en 2060 : perspectives topodynamiques », revue Organisations et territoires, vol 12, n° 2, p. 57-59.

13 voir Rappaport, J. (2003). U.S. Urban Decline and Growth 1950 to 2000, Kansas City, USA, Banque fédérale de réserve de Kansas City.

14 voir Polèse, M. (1990) « La thèse du déclin de Montréal, revue et corrigée », dans L’Actualité économique, vol. 66, no 2, pp. 133-146. Tellier, L.-N. (édit.) (1997) « Les défis et les options de la relance de Montréal », Québec, Presses de l’université du Québec. Et aussi Coffey, W. et Polèse, M. (1993) « Le déclin de l’empire montréalais », dans Recherches sociographiques, vol. 34, no 3, pp. 417-437.

15 voir Beaudet, G. (2009) « L’occupation durable des archipels québécois », dans Revue Organisations et Territoires, vol. 18, no 2, pp. 59-68.

16 voir Polèse, M. (2009) « Trajectoires et défis des régions québécoises », dans revue Organisations et Territoires, vol. 18, no 2, pp.29-38.

17 voir Ascher, F. (1995) « Métapolis ou l’avenir des villes », Paris, Édit. Odile Jacob

18 voir Québec (2006) « Plan d’action gouvernemental à l’intention des municipalités dévitalisées », Québec, Gouvernement du Québec.

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